Quand Alice rencontre Humpty Dumpty, elle le découvre perché tout en haut d’un mur, aussi instable que sûr de lui. Malgré son apparence comique, il parle avec une autorité déconcertante, mélange de condescendance, de certitudes absurdes et de logique bancale typique de l’autre côté du miroir.
Il n’est pas qu’un personnage de comptine.
Humpty Dumpty sat on a wall,
Humpty Dumpty had a great fall.
All the king’s horses and all the king’s men,
Couldn’t put Humpty together again.
Humpty Dumpty sat on a wall,
Humpty Dumpty had a great fall.
But then came the children with brushes and glue,
And stuck him together as good as new!
Il se présente comme un maître des mots, un souverain du langage décidé à régner sur chaque syllabe.
Humpty Dumpty affirme que les mots qu’il prononce signifient exactement ce qu’il choisit, rien de plus, rien de moins. Il prétend même comprendre parfaitement le langage étrange du poème Jabberwocky, se proclamant expert en lexique alors que ses explications défient toute logique. Pour lui, les mots ne sont pas des outils de compréhension mais des instruments de pouvoir. Celui qui les manipule dicte la réalité. C’est une critique subtile de la façon dont le langage peut être tordu, approprié ou utilisé pour dominer.

Mais rien ne peut empêcher ce qui doit arriver dans la comptine. Humpty Dumpty est destiné à tomber, et ce destin est déjà scellé. Ni son arrogance, ni sa fierté linguistique, ni sa prétention à maîtriser la réalité ne le protègent. Les mots ne feront pas office de filet. Lorsqu’il bascule enfin, tout le monde connaît la suite. Les chevaux du roi et les soldats du roi ne peuvent rien pour lui. Aucune puissance, aucun ordre royal, aucune armée ne peut réparer ce qui est brisé. Sa chute n’est pas seulement la matérialisation d’une comptine. Elle révèle l’illusion profonde du contrôle.
Humpty croyait pouvoir modeler le monde en modelant les mots, mais la réalité échappe à ce genre de souveraineté.
Dans son absurdité, Humpty Dumpty devient un symbole de l’orgueil poussé à l’extrême. Un rappel que certaines chutes sont inévitables, et qu’aucune phrase, aucune définition, aucune proclamation ne peut recoller les morceaux. Et quelque part, dans un écho lointain, résonne la mise en garde du poème Jabberwocky :
Beware the Jabberwock, my son. The jaws that bite, the claws that catch.
#HumptyDumpty #Jabberwocky #Humpty #nurseryrhymes #HermitCard #tarotcommunity


Laisser un commentaire