Avant d’être un classique de la littérature, Alice au Pays des Merveilles commence comme le ferait une lecture de tarot : c’est une histoire racontée à quelqu’un, à une âme prête à l’entendre.
En 1864, Charles Dodgson, alias Lewis Carroll, offre à Noël un manuscrit à Alice Liddell, la fillette qui inspira le personnage. Ce texte, Les aventures d’Alice sous terre (Alice’s Adventures Under Ground), est né d’un récit oral improvisé lors d’une promenade en barque en 1862. Et c’est Alice elle-même qui demanda que l’histoire lui soit écrite. Autrement dit, sans elle, pas de tirage. Pas de carte. Pas d’Alice.
Le livre sera modifié et finalement publié en juillet 1865.
Difficile de ne pas voir en Alice le Mat du tarot : elle est au début d’un voyage, poussée par un élan naïf, c’est la curiosité qui la mène à faire un pas de côté… à plonger dans le vide (le terrier).
Un manuscrit privé, comme un tirage personnel
La première version du récit fonctionne comme un tirage intime, réservé à une seule consultante. Les « private jokes », les références personnelles et les jeux de langage ne sont compréhensibles que par Alice et ses soeurs. Rien n’est universel, tout est contextuel.
C’est exactement ce qu’on retrouve dans le tarot : une image peut sembler obscure à l’extérieur, mais devenir limpide pour la personne qui la reçoit. Le sens n’est pas figé. Il dépend du regard, du moment, du lien.
Puis le jeu s’ouvre au monde
Quand Lewis Carroll décide de publier l’histoire en 1865, il ne se contente pas d’ajouter des pages. Il change d’échelle. Le récit quitte le cercle privé pour devenir un jeu ouvert, accessible à tous, mais aussi plus complexe, plus troublant.
On passe d’un As, pur potentiel, à une suite complète.
Les ajouts sont révélateurs :
- Le bébé de la Duchesse transformé en cochon évoque les cartes où l’innocence se pervertit. Une image absurde, mais profondément inconfortable.
- La fête du thé du Chapelier Fou ressemble à un banquet figé dans le temps : on tourne en rond, l’horloge est cassée, personne n’avance.

Le non-sense devient alors un langage symbolique, exactement comme dans le tarot.
Un monde peuplé d’arcanes
À mesure que le récit s’étoffe, les personnages prennent des allures d’arcanes majeurs déguisés :
La Reine de Cœur, autoritaire et capricieuse, fait écho à une Impératrice déséquilibrée, où le pouvoir n’est plus nourricier mais tyrannique.

Le Morse incarne une forme de Diable, où la contrainte ne vient pas de chaînes visibles.

Alice, elle, rencontre ces figures comme un consultant découvre les cartes : elle observe, questionne, résiste parfois, et continue malgré tout.
Une lecture à plusieurs niveaux, comme un tarot
Pour les enfants, Alice au Pays des Merveilles est un jeu d’images colorées et de situations improbables.
Pour les adultes, c’est un tirage bien plus dense, rempli de symboles, de critiques sociales et de paradoxes.
Comme le tarot, le livre fonctionne de bien des manières :
on peut le lire littéralement… ou symboliquement. On peut s’en amuser… ou s’y reconnaître.
Conclusion : Alice, héroïne initiatique
Le passage d’un cadeau intime à une œuvre publiée transforme Alice en figure initiatique, proche du Mat traversant les arcanes. Elle avance sans manuel, sans dogme, sans promesse de réponse claire.

Et c’est peut-être là que Lewis Carroll et le tarot se rejoignent le plus : ils ne donnent pas de réponse, ils ne disent jamais quoi penser.
Ils montrent, dérangent, amusent… et laissent le lecteur tirer ses propres cartes.
#AliceAuPaysdesMerveilles #aliceliddell #alice #aliceinwonderland #alicesadventuresinwonderland #wonderland #lewiscarroll #aliciaenelpaisdemaravillas #aliceimwunderland #alicenopaisdasmaravilhas #alicenelpaesedellemeraviglie #Алисавстранечудес #AlicjawKrainieCzarów #victorian #victorianfashion #victorianstyle #不思議の国のアリス

Laisser un commentaire