Dans De l’autre côté du miroir, la suite des Aventures d’Alice au Pays des Merveilles, Lewis Carroll déploie l’un des symboles les plus puissants de toute son œuvre : le miroir. En traversant cette surface lisse et trompeusement familière, Alice passe dans un monde inversé, un reflet étrange où les règles du réel sont retournées, où l’absurde devient logique, et où chaque rencontre est une énigme.
Mais ce miroir n’est pas qu’un simple passage narratif. Il est aussi, et surtout, un symbole de transformation. Il permet à Alice de tourner son regard vers l’intérieur d’elle-même, il la pousse à explorer son identité profonde, et la mène en quête de sens.

Un miroir pour se découvrir
Lewis Carroll, de son vrai nom Charles Lutwidge Dodgson, était passionné par les images fixes autant que par les jeux de langage. Il pratiqua la photographie pendant 25 ans, et la considérait comme un art du dévoilement subtil. Cela révèle son intérêt profond pour la représentation de l’instant et pour ce que le regard peut révéler au-delà des apparences.
À travers l’objectif photographique comme à travers le miroir, Carroll cherche à capturer l’insaisissable, à interroger le lien entre ce que l’on voit et ce que l’on est.
Ce n’est pas un hasard si, dans le miroir, Alice ne devient pas seulement spectatrice mais héroïne d’un monde retourné, où tout est le même, mais autrement.
Le miroir dans le tarot : entre reflet, inversion et révélation
Le tarot recourt lui aussi au langage symbolique du miroir, non pas comme réel objet visible, mais comme principe structurel (je veux dire par là qu’il organise les images, les symboles et les archétypes comme si l’on regardait à travers un miroir). Plusieurs cartes proposent une inversion de perspective, pour amener à une révélation intérieure, une traversée symbolique vers une autre compréhension de soi.
L’utilisation du jeu de cartes permet une exploration personnelle qui peut aider à changer sa vie si on le souhaite. On lit parfois que le tarot est un miroir de l’expérience humaine.
La Papesse, gardienne d’un secret invisible
Assise entre deux colonnes, La Papesse représente l’intuition, le mystère et la connaissance cachée. Elle ne parle pas, elle sait. Comme un miroir, elle reflète sans juger, mais ne livre ses secrets qu’à ceux qui prennent le temps d’interroger leur propre intériorité.

Elle est la gardienne du seuil, celle qui garde l’entrée du monde invisible tout comme le miroir qu’Alice doit oser traverser pour découvrir une autre version de la réalité.
Le Pendu, ou l’art de changer de point de vue
Le Pendu, suspendu par un pied, tête en bas, évoque une inversion radicale du regard. Ce retournement volontaire est un acte de renoncement, mais aussi de libération. En acceptant de ne plus voir le monde de la même manière, il gagne une forme de sagesse inaccessible à ceux qui restent debout.

Dans le monde du miroir, les choses ne fonctionnent pas selon la logique habituelle. Tout invite à remettre en question les évidences pour trouver un autre sens plus profond, plus intérieur.
Le Monde
Dans mon tarot inspiré d’Alice, la carte du Monde (The World) représente Alice dans le miroir, tandis que Le Mat (The Fool) est son reflet de départ : l’Alice qui ose traverser, partir, s’élancer.

Ainsi, le voyage commence et se termine par un reflet. Le miroir n’est pas un simple passage : c’est une boucle, un cycle de transformation, où l’on revient au point de départ… mais changé.
Conclusion
Que l’on suive Alice ou les arcanes du tarot, le miroir reste un puissant symbole de transformation. Il ne s’agit pas seulement de voir, mais d’oser se regarder autrement, à l’envers peut-être, mais avec clarté.
Dans notre monde où l’image est omniprésente, Lewis Carroll et le tarot nous rappellent que les vérités les plus profondes ne se trouvent pas à la surface… mais de l’autre côté du miroir.
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