En 1959, C.S. Lewis écrit à propos de son ami J.R.R. Tolkien :
« No one ever influenced Tolkien – you might as well try to influence a bandersnatch. »
La formule est délicieuse. Et surtout, elle dit beaucoup plus qu’elle n’en a l’air.
Une phrase, trois hommes, trois imaginaires
D’un côté, C. S. Lewis, auteur britannique des Chroniques de Narnia, professeur à Oxford, comme Lewis Carroll cinquante ans plus tôt.
De l’autre, J. R. R. Tolkien, créateur de la Terre du Milieu, auteur du Seigneur des Anneaux et du Hobbit, lui aussi professeur à Oxford à partir de 1920.
Amis proches, ils se lisaient, se critiquaient, se nourrissaient mutuellement. Ils ont produit une riche correspondance qui en témoigne.
Et le Bandersnatch dans tout ça ?
Ce Bandersnatch vient du poème du Jabberwocky, écrit par Lewis Carroll dans De l’autre côté du miroir. Le Bandersnatch est une créature dont il ne décrit pas l’aspect physique. On sait seulement qu’elle est rapide, imprévisible, impossible à maîtriser.
Comparer Tolkien à un Bandersnatch, c’est dire qu’il échappe à la logique universelle qui régit le monde qui l’entoure, qu’il suit sa propre logique, et qu’aucune influence ne peut le détourner de sa trajectoire.
Ce que C.S. Lewis souligne, avec humour, c’est une forme rare de fidélité intérieure. Tolkien est bien ancré dans son propre monde. Son œuvre ne cherche pas à plaire, ni à suivre une tendance. Elle se déploie lentement, comme un langage secret (la langue des Elfes peut-être ?).
Influencer Tolkien reviendrait à tenter d’attraper une créature qui n’obéit à aucune règle extérieure. Dans l’univers de Lewis Carroll, le Bandersnatch incarne une force vive, indomptable, sauvage et incontrôlable.
Cette énergie, nous la retrouvons dans les As de mon tarot, tous liés au Chat du Cheshire, porteurs de potentiel brut. Les as rprésentent ce moment dans nos vie où tout est possible, mais encore indéfini. Personne ne peut influencer une graine au moment exact où elle décide de germer.

Et peut-être, retrouvons-nous un peu de Bandersnatch plus profondément encore, dans mon propre geste créatif. Car cette phrase de C.S. Lewis ne parle pas seulement de Tolkien. Elle parle de ce moment où nous cessons de vouloir être ou faire “comme il faut”. Où nous arrêtons de nous laisser modeler par les attentes, les tendances, les influences trop fortes.
Pour créer ce tarot inspiré des aventures d’Alice au Pays des Merveilles, il m’a fallu m’affranchir de tout ce qui a déjà été créé. Ne pas reproduire. Tendre la main à Alice mais toujours suivre mon fil intérieur pour aller là où est la magie.
#Bandersnatch #CSLewis #JRRTolkien #LewisCarroll


Laisser un commentaire