Dans De l’autre côté du miroir, Lewis Carroll nous offre une vision étonnamment tendre de la neige : non pas le froid mordant, mais une caresse, une pluie de baisers déposés sur les vitres.
« Entends-tu la neige contre les vitres, Kitty ? Quel joli petit bruit elle fait ! On dirait qu’il y a quelqu’un dehors qui embrasse la fenêtre tout partout. Je me demande si la neige aime vraiment les champs et les arbres, pour qu’elle les embrasse si doucement ? «
Dans notre tarot, cette même neige apparaît dans le 5 de Deniers. Mais là où Alice voit des baisers, ici le regard change, et l’image bascule.

Sur la carte, deux figures fatiguées sont sous la neige : la tortue « fantaisie » et une des petites huitres du poème Le Morse et le charpentier chanté par les jumeaux Blanc Bonnet et blanc Bonnet (en anglais Tweedledum et Tweedledee) à Alice.

Les personnages sont devant une église éclairée dont ils semblent ignorer la chaleur.
La neige ici n’a rien de doux : elle glace les os, accentue la vulnérabilité et souligne l’exclusion. Elle symbolise la pauvreté matérielle, l’abandon, l’épreuve qui rend chaque pas plus difficile.
Le vitrail : entre dedans et dehors
Un élément frappant de cette carte est le grand vitrail illuminé de l’église. Séparée par la vitre, la lumière réconfortante qui illumine les deniers contraste avec le froid extérieur.

La neige devient alors frontière : elle rappelle ce qui est perdu (la sécurité, le foyer, le soutien), mais aussi ce qui reste accessible si (et seulement si) l’on choisit de lever les yeux et de chercher refuge.
Pour Lewis Carroll, la neige « embrasse » le monde, offrant sa douceur aux champs, aux arbres et aux vitres. Pour le tarot, elle est l’épreuve qui éprouve la chair et l’esprit. Entre ces deux visions, une clé : la neige n’est jamais seulement froide ou tendre. Elle reflète l’état intérieur de celui qui la traverse.
Le 5 de Deniers rappelle que les épreuves extérieures (comme le froid, le manque, la solitude que l’on voit ici) sont réelles, mais qu’il existe toujours une lumière à proximité. Sous la neige, nous pouvons à la fois être éprouvés par le vent mordant, et ressentir la caresse des flocons délicats. Le 5 de Deniers nous apprend à être attentif aux deux à la fois. Et puis la neige ne dure pas éternellement. À chacun de décider s’il reste dehors à souffrir, ou s’il cherche la chaleur qui n’est qu’à quelques pas.
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